LA MYTHOMANIE

ETHYMOLOGIE
Le terme mythomanie a été créé en 1905 par le psychiatre français Ferdinand Dupré, et tire ses racines du grec et du latin : “mythos” qui signifie “légende”, récit non historique en grec, tandis que le suffixe “manie” provient du latin mania, c’est-à-dire “folie”.
DEFINITION
La mythomanie serait donc définie comme une folie à raconter des histoires imaginaires, souvent sur soi-même. Ainsi, le terme psychiatrique de mythomane désignerait une personne qui présente une tendance compulsive à raconter des mensonges et à inventer des histoires. Cela est aussi appelé fabulation.
Les propos erronés du mythomane se font de façon compulsive et spontanée, le plus souvent, sans en avoir conscience.
La mythomanie est donc différente du mensonge, car les légendes racontées par le mythomane ne sont pas intentionnelles, et ce n’est pas fait dans le but d’avoir un intérêt quelconque. Mentir c’est quand on donne intentionnellement une fausse information pour un intérêt quelconque, surtout celui de manipuler ou escroquer.
Dans le cas de la mythomanie, le patient ne réalise pas qu’il est en train de mentir et n’arrive à faire la différence entre les faits réels et la fiction. Donc un mythomane n’est pas un menteur. Le mythomane n’a que besoin de persuader son entourage. C’est pourquoi, il n’hésite pas à le manipuler pour être certain de son impact sur les autres.
CAUSES
Comme dans la plupart des affections psychiatriques, il est difficile de trouver une ou des causes bien déterminées expliquant les troubles observés, dans le cas de la mythomanie. Néanmoins, il est communément admis par les psychiatres qu’un choc émotionnel grave peut être à l’origine de la fuite de la réalité du mythomane. L’annonce d’une maladie incurable, le décès d’un proche, un échec sentimental, scolaire ou professionnel peuvent favoriser cette pathologie.
La fuite de la réalité du mythomane traduit un manque de maturité affective et l’estime de soi. Le mythomane refuse de s’accepter selon la vraie vie. On parle alors de mythomanie pathologique car les mensonges sont “pathologiques” dans ce cas.
La mythomanie peut aussi être “psychotique” lorsqu’elle fait partie d’un délire sans fondement avec la réalité chez les personnes atteintes de psychose (schizophrénie, trouble délirant, phase maniaque…) Elle sera dans ces cas associée à toute une série de signes caractéristiques de ces troubles : hallucinations, délires, illusions, sautes d’humeur, etc.
SIGNES
Pendant et après l’invention de ses légendes, le mythomane garde une constance et une logique hors pairs, car il s’identifie a ses propres fabulations.
Le mythomane est capable de raconter mille fois ses mensonges, sans pouvoir se tromper ou se contredire un seul petit instant. Cela fait que ce soit très difficile de détecter si le mythomane est lucide ou pas, car il vit pleinement dans ses mensonges sans recul. Et ces mensonges peuvent durer de nombreuses années.
Très souvent, le mythomane s’invente une vie brillante, une famille riche, de grandes réalisations, de grands avoirs, de grandes activités, de grands projets.
Le mythomane est capable des choses telles que :
– faire un faux deuil et pleurer pendant des jours et des mois,
– faire la lecture a haute voix d’une lettre (message) imaginaire,
– faire semblant de parler au téléphone avec de hautes personnalités (vedettes),
– faire un status imaginaire sur les réseaux sociaux dans lesquels il parle d’une grande réalisation avec un riche ou une star bien connu,
– faire semblant de porter une grossesse (cas de femmes) et se comporter comme une femme enceinte,
– faire semblant d’avoir une maladie grave et se comporter comme tel,
– donner l’impression d’être absorbé par un si grand projet, au point de devenir anorexique,
– donner l’impression d’avoir fait de grandes études et de grandes découvertes,
– donner l’impression d’avoir parcouru le monde et fréquenté différentes cultures,
– etc.
Il faut noter que les mensonges permettent au mythomane de faire accepter sa réalité et son imaginaire aux autres, pour mieux justifier leur existence. Il a besoin que les autres croient à ses fabulations pour y croire lui-même.
DIAGNOSTIC
Diagnostiquer une véritable mythomanie peut s’avérer très difficile, pour deux raisons. La première, c’est qu’il faut savoir discerner un véritable mythomane d’un simple menteur invétéré. D’autre part, bien souvent, les fabulations d’un mythomane sont suffisamment bien construites pour devenir impossibles à repérer, ce qui fait que le mythomane est rarement découvert. C’est souvent une évaluation psychiatrique, croisée avec le témoignage de l’entourage, qui permet de faire le diagnostic. Et pour mieux affronter un mythomane, il est recommandé de le placer devant des preuves tangibles de ses mensonges (images, notes vocales, textes, etc.)
ATTITUDE A PRENDRE DEVANT UN MYTHOMANE
Après le diagnostic de la mythomanie, trouver la bonne attitude est souvent très difficile et dépend du degré de lucidité du mythomane. Dans certains cas, on conseille de suivre et d’accepter ses mensonges pour ne pas le blesser ou le contrarier et éviter qu’il ne s’enferme encore plus dans son monde imaginaire. C’est surtout le cas pour les mythomanes peu lucides ou psychotiques. S’il est plus ouvert à la critique, on peut agir en remettant en question ses dires et en l’aidant à accepter la réalité tout en respectant son monde imaginaire.
TRAITEMENT
La mythomanie est l’un de troubles psychiatriques les plus difficiles à traiter ; car le patient ne se reconnait pas comme malade, et ne supporte pas le fait d’être confronté à ses mensonges/fabulations/légendes/rêves.
A ce jour, aucun médicament ne s’est montré efficace ou disponible pour le cas de la mythomanie. Seule le TCC peut faire face à cette pathologie, car il est question d’amener le patient à se redéfinir positivement.
Le mythomane est prêt à tout, vous insulter, et même vous porter plainte pour diffamation, une fois confronte à ses mensonges/fabulations/légendes/rêves.
Chez BM Wellness, nous nous sommes spécialisés dans l’accompagnement des personnes victimes de différents troubles de comportement, du genre mythomanie, schizophrénie, bipolarité et psychose. Ainsi, nous voulons vous offrir le meilleur que nous avons dans le domaine de thérapie cognitivo-comportementale (TCC).
Laissez les prêtres, les pasteurs, les imams et les spiritistes s’occuper des choses spirituelles; car les spécialistes en la matière ne sont qu’à quelques pas de vous!
Le pauvre mythomane n’est qu’une victime et n’a pas besoin de prières de délivrance aux litres d’huile d’olive, mais juste d’un accompagnement thérapeutique pour sa redéfinition positive et sa réintégration sociale.
